C’est de Sidi Moumen, bidonville casablancais à l’agonie, que sont issus les jihadistes

7:46 am Morocco, Suicide Bombers

Dans le chaudron des kamikazes, Libération, 6 Septembre, 2007

Un peu moins de quatre ans après la fameuse nuit du 16 mai 2003, au cours de laquelle une dizaine de kamikazes issus du même quartier de Sidi Moumen firent quelque 50 morts à Casablanca, le cauchemar se répète. Cette immense banlieue est devenue synonyme du cocktail explosif formé par la misère et le terrorisme. En fait, avec ses 350 000 habitants (sur les 5 millions que compte Casablanca), Sidi Moumen est une ville dans la ville. Même chez les pauvres, il y a des beaux quartiers et des bidonvilles. Le cybercafé se trouve dans un quartier «en dur». Il faut encore rouler un quart d’heure avant d’atteindre Douar Sekouila, le quartier où habitait Abdelfettah Raydi. Une pièce unique de moins de 10 m2 qu’il partageait avec sa mère et ses six frères et sœurs. Il n’y a ni eau courante ni électricité. Les vaches paissent dans les ordures. Khoudri n’habitait pas loin. Une fois le soleil couché, plus personne, pas même la police, ne s’aventure dans ces venelles sans éclairage. Les gosses sniffent de la colle avant 8 ans. Depuis tout petits, Raydi comme Khoudri gagnaient leur vie en vendant des jus de fruits aux abords des mosquées, seules institutions de ces quartiers à l’abandon.

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